Actualisations de août, 2016 Afficher/masquer les discussions | Raccourcis clavier

  • admin9596 le August 31, 2016 à 1:42 pm Permalien  

    Le cheval comme remède 

    Quand un chasseur sibérien rencontre un renne, il tente de le séduire en lui offrant une image magnifiée de lui-même : vêtu de peaux de renne et de parures, il imite ses pas, sa démarche chaloupée, son port de tête… Si le renne est séduit, il s’approche, et certains chasseurs rapportent avoir alors eu le sentiment de rencontrer un vieil ami. L’imitation corporelle du chasseur est un moyen de « devenir renne » aux yeux du renne, mais le processus est si puissant que le chasseur doit être vigilant et veiller à rester humain. Sinon, il oubliera le chemin du village et deviendra un renne parmi les rennes.

    Le photographe Charles Mostoller a ainsi suivi à Philadelphie des jeunes en difficulté qui reprennent confiance en pratiquant l’équitation.Abdurrahman « Man-Man » Early (cavalier au premier plan), 16 ans à l’époque du reportage, en 2014, et Shahir Drayton, 17 ans. Tous deux se rendent régulièrement dans une écurie d’un quartier défavorisé de Philadelphie pour se changer les idées. « Etre au milieu des chevaux ôte les problèmes de mes épaules », confie Man-Man.
    Shahir au Clark Park, où il propose des promenades à cheval aux enfants.
    L’écurie de Southwest Philly accueille des jeunes en difficulté, qui apprennent à prendre soin des chevaux et à les monter.
    Man-Man en train de brosser Storm.
    Tout près des écuries, sur un terrain de basket-ball abandonné, Shahir et Dominique toilettent les chevaux. « Lorsque nous montons, nous nous sentons appartenir à une grande famille », raconte Shahir.
    Shahir pose devant une fresque commémorant les victimes de violences du quartier. Plus de 80 000 personnes vivent à Southwest Philly, dont de nombreux émigrés venus d’Afrique noire, tels le Liberia, la Guinée, la Sierra Leone ou la Côte d’Ivoire.
    Shahir s’occupe avec soin et attention des chevaux et du matériel.
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    Le photographe Charles Mostoller a ainsi suivi à Philadelphie des jeunes en difficulté qui reprennent confiance en pratiquant l’équitation.Abdurrahman « Man-Man » Early (cavalier au premier plan), 16 ans à l’époque du reportage, en 2014, et Shahir Drayton, 17 ans. Tous deux se rendent régulièrement dans une écurie d’un quartier défavorisé de Philadelphie pour se changer les idées. « Etre au milieu des chevaux ôte les problèmes de mes épaules », confie Man-Man.

    Charles Mostoller

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    Pour un Européen, l’histoire semble tirée par les cheveux car, selon lui, l’identité humaine est acquise une fois pour toutes. Pourtant, il y a aussi dans notre rapport aux animaux une indétermination fondamentale : au fond, nous ne savons pas très bien qui ils sont. Gibier, compagnon, être sensible, préparation de laboratoire, ces catégories culturelles ne sont que des filtres à travers lesquels les animaux sont perçus… ou non. En deçà de ces catégories, c’est-à-dire au plus près de l’expérience de la rencontre, les animaux nous touchent par leur corps de façon souterraine. Comme le chasseur sibérien, nous sommes sensibles à leur corps expressif. Même une mouche qui agonise, si on la regarde avec attention, peut nous bouleverser.

    Devenir un peu animal

    Selon l’anthropologue Kay Milton, cette sensibilité aux corps expressifs des animaux repose sur l’identification. Pour donner la parole aux animaux, il faut alors savoirentendre dans son propre corps l’écho qu’ils produisent, c’est-à-dire devenir un peu animal. Que l’on soit chasseur sibérien ou adolescent en quête de repères, cette sensibilité, qui n’est pas sensiblerie, est à la base de la communication muette qui se joue dans la rencontre avec un animal. Et c’est là-dessus, sur ce que les animaux nous font, et sur ce qu’ils font à l’identité profonde, que sont fondés les programmes de thérapie incluant des animaux.

    Shahir au Clark Park à Philadelphie (Pennsylvanie), où il propose des promenades à cheval aux enfants.

    Ces programmes ouvrent à des modalités de l’exister et de l’être en relation qui restent difficilement accessibles dans des thérapies plus classiques. La présence animale remobilise le corps, les émotions et l’attention. Elle permet littéralement aux expériences de (re) prendre corps et consistance, à partir d’une base sensorielle et émotionnelle différente des interactions humaines : ici, pas d’enjeu hors le plaisir si particulier de l’être-en-relation. Toucher, regarder, embrasser, approcher, reculer, contourner, éprouver, protéger, dominer, tressaillir… dans cette communication non verbale, être en relation devient palpable et la relation elle-même finit par devenir un espace dans lequel évoluer et oser exister. Beaucoup de zoothérapeutes parlent à ce propos de « restauration de la confiance en soi », mais ce qui se produit est souvent plus profond : il s’agit de la restauration d’un rapport à soi et d’un rapport créatif avec le monde.

    Psychologue et anthropologue à l’Université de Liège, Véronique Servais étudie les interactions entre humains et animaux, notamment dans un cadre thérapeutique. Dernier ouvrage paru : La Science [humaine] des chiens, Editions du Bord de l’eau, 304 p. 22 €.

    A voir, la série « Concrete Cowboys » du photographe Charles Mostoller sur http://www.charlesmostoller.com

    Par Véronique Servais

     
  • admin9596 le August 30, 2016 à 8:27 am Permalien  

    Le grand défilé de Nicolas Sarkozy 

    Août 2004, les fleurs du mâle

    Même en vacances, l’ancien président s’active. Au programme : beaucoup de sport, pas mal de com’ et peu d’élégance. Des vacances de rêve ? Ne vous fiez pas aux apparences. Au côté de Cécilia, sous le soleil du Pyla, Nicolas Sarkozy trépigne. Quelques jours plus tôt, il est tombé de vélo et les médecins lui ont imposé du repos. Finie donc la tenue moulante du cycliste champion, le nouveau ministre de l’économie porte les habits du vacancier de base. En haut, polo turquoise. En bas, maillot de bain à fleurs, inspiré des modèles hawaïens que l’industriel californien Philip Hoffman imposa dans les années 1970. Elégant ? Pas vraiment, semble dire le regard de Cécilia.

     
  • admin9596 le August 28, 2016 à 1:37 pm Permalien  

    Alerte au rapt virtuel en Espagne 

    Cette nouvelle forme d’arnaque fait rage : des cyber-ravisseurs font croire à l’enlèvement d’un proche pour obtenir une rançon. Plus de 700 plaintes ont été enregistrées.

    La quasi-totalité des escroqueries téléphoniques en Espagne serait orchestrée depuis le Chili.

    Prise de risque limitée, argent rapide, investissement zéro. C’est le délit en plein boum

    en Espagne : l’enlèvement virtuel. Tout commence par un appel téléphonique, généralement sur le poste fixe d’une personne choisie au hasard. Au bout du fil : des cris, des pleurs, une voix méconnaissable qui demande de l’aide. Puis un homme prend la ligne et demande le paiement immédiat d’une rançon pour libérer le proche qu’il vient de kidnapper.

    Souvent, afin de rendre l’enlèvement plus crédible, les délinquants ont au préalable pêché sur Facebook des informations sur la vie privée de la fausse victime, qu’ils laissent tomber au milieu d’une conversation qui peut durer des heures. Car pour que le piège fonctionne, ils obligent leur interlocuteur à mener toutes les opérations en restant en ligne, les empêchant ainsi de vérifier l’enlèvement ou d’appeler la police.

    De 1 000 à 10 000 euros de rançon

    On les enjoint, sous peine d’entendre agoniser leur proche en direct, à virer des sommes allant de 1 000 à 10 000 euros sur le numéro de compte bancaire précisé, par le biais d’une agence internationale de transfert d’argent. Une fois le virement effectué, la conversation est interrompue. Le tour est joué.

    Entre février 2015, première vague de cas recensés en Espagne, et le 1er juillet 2016, date du dernier bilan effectué, la police espagnole a recensé plus de 700 plaintes pour enlèvement virtuel, aussi appelé « extorsion téléphonique ». Le montant dérobé n’est pas faramineux : il s’élèverait à 32 000 euros au total, car seuls 5 % des personnes tombent dans le piège et, pour aller vite, les faux kidnappeurs abaissent facilement leurs exigences. Mais depuis quelques semaines, celles-ci ont été multipliées par trois, raison pour laquelle la Guardia Civil a voulu « alerter » la population cet été. Elle a donc communiqué les procédés utilisés par les délinquants et édité un guide pour éviter les pièges : prêter attention aux préfixes inconnus des appels, ne pas hésiter à couper la conversation, l’enregistrer si possible, laisser une autre ligne libre pour vérifier la véracité du kidnapping…

    Des prisonniers chiliens

    « Ces dernières semaines, nous avons reçu une nouvelle vague de plaintes qui coïncide avec la saison estivale, quand il est plus difficile de contacter ses proches », a expliqué le capitaine Alvaro Montero, chef de l’équipe d’enlèvement et extorsion de l’unité centrale opérationnelle de la garde civile. « Nouvelle » car l’an dernier déjà, entre février et octobre 2015, l’Espagne avait connu le même fléau. Jusqu’à ce que les délinquants soient identifiés dans une prison chilienne : Colina II, située à quelques kilomètres de Santiago et réputée l’une des plus dangereuses du pays. Treize prisonniers, qui passaient leurs appels avec des téléphones portables cachés dans leurs cellules, ont été mis en examen grâce à la collaboration des polices espagnole et chilienne.

    Depuis, la pratique a fait des émules. Et si « presque tous » les enlèvements virtuels sont à nouveau orchestrés depuis le Chili, « 4 % des appels reçus dans cette nouvelle vague ont été passés depuis l’Espagne », souligne Alvaro Montero.

    En Amérique latine, le phénomène existe depuis plus longtemps et s’appuie sur la peur, justifiée dans des pays comme le Mexique ou l’Argentine, par de véritables enlèvements. Mais en s’attaquant à des Espagnols, les prisonniers chiliens ont l’avantage de mettre des dizaines de milliers de kilomètres entre eux et leurs victimes, choisies dans un pays européen où le pouvoir d’achat est supérieur au leur, tout en parlant la même langue.

     
  • admin9596 le August 25, 2016 à 8:57 pm Permalien  

    Les pigeons savent-ils viser ? 

    Le Monde | 10.08.2016 à 11h43 • Mis à jour le11.08.2016 à 09h51 |Par Carine Bizet

    En ville, l’oiseau lâche ses fientes avec une précision parfois diabolique.

    Des pigeons dans le centre-ville de Srinagar, au mois de  juillet.

    Et ploc, une grosse tache blanche au milieu de la carrosserie rouge rutilante. Et ploum, une bonne auréole verdâtre sur l’épaule d’une veste juste sortie du pressing : eh oui le gang à plumes des villes frappe juste, et en Odorama s’il vous plaît. Les pigeons semblent prendre un malin plaisir à balancer leurs fientes acides avec une précision parfois diabolique. Le font-ils exprès ? Ont-ils sciemment visé François Hollande lors de la marche républicaine de janvier 2015, histoire de défendre à leur manière l’humour de Charlie Hebdo ?

    Rien n’est moins sûr. Car si le pigeon sait parfaitement s’orienter grâce au champ magnétique terrestre, il n’est pas connu pour ses grandes capacités d’analyse intellectuelle. On peut, tout au plus, accuser le Columba des rues (pigeon biset) d’inviter son cousin (pigeon ramier) à venirfêter le printemps en ville en lâchant des bombes de caca sur tout ce qui passe. Les curieux pourront alors départager les coupables à la couleur : les « locaux » laissent des traces noires et blanches tandis que les « invités », nourris de bourgeons frais, larguent des souvenirs plutôt marrons et verts. Maigre – et dégoûtante – consolation.

    Lire aussi :Le pigeonnier contraceptif, une arme antinourrisseurs

    La science n’a aucune preuve de préméditation. Pourtant, le pigeon a de quoi ourdir une vengeance contre l’être humain : cuisiné en cocotte, forcé à livrer le courrier avant d’être lâchement délaissé pour le facteur puis Internet, nourri de miettes douteuses (avec gluten, donc) et de déchets divers, il a de quoi avoir envie de faire ch… Il n’y aurait rien d’étonnant à ce qu’ils se soient syndiqués pour ouvrir des écoles de tir clandestines dans les forêts en périphérie des villes. Il ne faudrait pas trop les prendre pour des pigeons.

    Lire aussi : Quand la mer Morte est-elle morte ?

    • Carine Bizet

      Journaliste au Monde
     
  • admin9596 le August 24, 2016 à 1:41 pm Permalien  

    Bill Clinton versus Melania Trump 

    [Chronique] Avec l’intronisation d’Hillary Clinton et de Donald Trump par leurs partis respectifs, voici le match dans le match dans la course à la Maison Blanche.

    Bill clinton et Melania Trump.

    Bill Clinton

    Menteur Bill Clinton s’est montré brillant lors de la convention démocrate. Alors que son épouse Hillary pâtit de son image d’iceberg, il n’a cessé de l’humaniser, en racontant son parcours, leur rencontre. Il a toutefois évité d’évoquer l’affaire Lewinsky, qui avait fait vaciller leur couple en 1998. Il était passé près de la destitution pour avoir menti sous serment sur sa relation adultère.

    Populaire Le passage de Bill Clinton à la Maison Blanche a été émaillé de nombreux scandales. Mais il n’a pas entamé sa popularité. Ses deux mandats restent, pour les Américains, ceux d’une période de prospérité. Il est l’un des ex-présidents les plus regrettés, derrière JFK et Ronald Reagan.

    Encombrant La popularité de Bill Clinton va-t-elle servir celle de sa femme ? Son charisme, sa chaleur soulignent en creux les qualités qui manquent à Hillary. Naguère, les mauvaises langues estimaient que c’était elle qui portait la culotte à la Maison Blanche. Elles instruiront probablement, cette fois, le procès inverse.

    New school Quel rôle jouera Bill si Hillary est élue ? Il serait non seulement le premier First Gentleman de l’histoire américaine, mais aussi le premier à avoir été chef d’Etat. En mai, la candidate a affirmé qu’elle lui confierait une « mission » pour « dynamiser l’économie ». En attendant, la fondation philanthropique de l’ex-chef d’Etat a déjà fait le ménage dans les Etats donateurs.

    Lire aussi : La rencontre entre Bill Clinton et la ministre de la justice perturbe la campagne de Hillary

    Melania Trump

    Plagiaire Lors de la convention républicaine qui vient d’investir Donald Trump, candidat des républicains, Melania Trump a passé son premier grand oral. Raté. Elle s’est fait épingler pour avoir plagié un discours de Michelle Obama, en 2012.

    Impopulaire Selon l’institut Gallup, dans un sondage réalisé la veille de la convention républicaine, Melania Trump ne bénéficie que de 28 % d’opinions positives. En 2008, Michelle Obama était à 53 %. Ancien mannequin d’origine slovène, Melania a fait naguère les couvertures de GQ, Vanity Fair oud’Elle. Mais cette image en papier glacé ne fait pas fondre le cœur de l’Amérique.

    Lire aussi : Le Frenchie par qui le scandale Melania Trump arrive

    Embarrassante Avant la convention, Melania Trump s’est montrée très discrète. « Je suis mère à plein-temps et j’adore ça », a-t-elle expliqué en début de campagne. Fin juillet, l’ex- mannequin s’est de nouveau retrouvé au cœur d’un scandale : le tabloïd américain New York Post a exhumé des clichés datant de 1995 et sur lesquels elle apparaît nue.

    Old school Melania Trump a déjà averti qu’elle se coulerait dans les habits les plus traditionnels de la First Lady, si son mari est élu. Le rôle de première dame est très codifié, entre réceptions et bonnes œuvres. L’épouse du président bénéficie d’une équipe d’une douzaine de personnes pour l’y aider.

    Lire aussi : Melania Trump, candidate réticente à la fonction de First Lady

     
  • admin9596 le August 23, 2016 à 10:04 am Permalien  

    Chats perchés 

    L’alliance des « lolcats » et du TOILETPAPER magazine, une évidence ? Selon Maurizio Cattelan et Pierpaolo Ferrari, ses deux fondateurs, la voie est toute tracée entre l’addiction des réseaux sociaux aux matous et la publication italienne issue « d’un processus de digestion à l’œuvre après une overdose d’images ». De cette alliance est née une série d’images très travaillées, aux couleurs explosives, toutes construites à la prise de vue.

     
  • admin9596 le August 19, 2016 à 10:15 am Permalien  

    Amsterdam parade malgré la menace terroriste 

    Les canaux d’Amsterdam vont vibrer une nouvelle fois au son de la techno, samedi 6 août, pour la Canal Parade, version locale de la Gay Pride qui fait gonfler de près de moitié la population de la ville pour quelques heures de fête déchaînée. Au moins 200 000 personnes du monde entier, peut-être jusqu’à 400 000 si la météo est de la partie, sont attendues dans le centre historique, avec ses canaux enjambés par des ponts en brique et fer forgé, bordés par d’étroites demeures du XVIIe siècle. Certains spectateurs campent dès la veille dans de petites embarcations arrimées aux quais pour pouvoiradmirer au plus près les 80 péniches aux décors excentriques.

    Fidèle à sa réputation festive

    Alors que La Baule a décidé d’annuler son traditionnel feu d’artifice du 15-Août, faute de pouvoir sécuriser son front de mer, et que de nombreuses manifestations en France sont perturbées par le risque d’attentat, la cité néerlandaise reste fidèle à sa réputation festive. Moins de deux mois après l’attaque ­d’Orlando, le message des organisateurs est clair : il n’est « pas question de céder au ­terrorisme ». En Floride, le 12 juin, un Américain d’origine afghane avait tué 49 personnes dans une discothèque gay, un massacre revendiqué par l’organisation Etat islamique (EI).

    Entre 200 000 et 400 000 personnes sont attendues dans le centre historique d’Amsterdam.

    Reste que le contexte« a certainement influencé la préparation de la Gay Pride », a reconnu dans la presse néerlandaise, à l’ouverture des festivités le 23 juillet, Lucien Spee, patron de l’association qui organise l’événement : « Je me suis régulièrement retrouvé autour de la table avec le ­coordinateur national de la lutte ­antiterroriste. »

    Si les organisateurs refusent d’entrer dans les détails – tout comme la municipalité –, la menace terroriste est prise au sérieux. Le chiffre de 4 000 policiers, vigiles et secouristes mobilisés a été cité dans la presse, et le dispositif de sécurité est plus ­coûteux que d’habitude. Parmi les mesures prises, les bagages sont davantage contrôlés et les vigiles formés à détecter les comportements suspects. Jasper Karman, porte-parole du maire ­ Eberhard van der Laan, insiste sur le fait que le risque zéro n’existe pas pour « un ­événement qui a pour cadre la ville entière ». Que les services ­d’urgence et les blocs ­opératoires de tous les hôpitaux de la ville se tiennent prêts, ce jour-là, à tourner à plein régime, « c’est classique pour un gros ­événement, ce n’est pas lié à une menace ­sécuritaire », relativise-t-il.

    Premier pays à légaliser le mariage homosexuel

    Les Pays-Bas, fiers de leur réputation de terre « gay friendly », ont été le premier pays au monde à légaliser le mariage homosexuel, en 2001. Le mot d’ordre de ce « samedi rose », comme l’appellent les Néerlandais, est d’ailleurs « Join our Freedom » (Rejoignez notre liberté). « Nous avons préparé des scénarios mais il n’y a pas, à ce stade, d’indication de menace. C’est une fête de la liberté. Il n’est pas question de se laisserrepousser dans le placard », a commenté Lucien Spee. La parade de samedi est le point d’orgue des festivités de la Gay Pride amstellodamoise, qui prendra fin dimanche.

    Les Pays-Bas ont jusqu’ici été épargnés par les attaques djihadistes. Mais le spectre

    d’un attentat est dans tous les esprits, car le pays – dont les F-16 ont effectué des frappes en Irak et en Syrie – participe, comme la France ou la Belgique voisine, à la coalition internationale contre l’EI. Depuis 2013, la menace ­terroriste y est évaluée à un niveau 4 sur une échelle de 5. Elle est jugée « substantielle », c’est-à-dire réelle, sans pour autant que des informations concrètes puissent conduire à la considérer comme imminente. Un niveau qui n’a pas été modifié, malgré les attaques djihadistes à Saint-Etienne-du-Rouvray, à Nice ou en Allemagne.

    Le 23 juillet, lors de la Marche des fiertés qui marque l’ouverture des festivités.

    Mais les autorités ont récemment dû prendre des mesures en raison de « signaux » concernant des lieux publics très fréquentés. Depuis le 30 juillet, l’aéroport international d’Amsterdam-­Schiphol est en sécurité renforcée, « visible et invisible ». Le 2 juillet, c’est ­ l’Amsterdam ArenA, stade hôte du célèbre club de football de l’Ajax, qui avait dû subir des mesures exceptionnelles à ­l’occasion d’un grand show rassemblant des milliers de personnes. Mais « on sent que ce n’est pas l’état d’urgence comme à Paris, il n’y a pas de climat de psychose », témoigne, depuis Amsterdam, le Français Jérôme Beaugé, ­organisateur de la Marche des fiertés parisienne. A ses yeux, le port chanté par Jacques Brel reste « un symbole », synonyme d’« une certaine liberté ».

     
  • admin9596 le August 17, 2016 à 12:29 pm Permalien  

    L’Abkhazie, perle de la mer Noire 

    Mer et montagnes qui se tutoient, climat subtropical, nature généreuse… Cette république auto-proclamée est une destination particulièrement prisée des touristes russes. Le photographe Julien Pebrel s’y est rendu en 2013 puis en 2016. Ici, la plage de Soukhoumi, la capitale.

     
  • admin9596 le August 12, 2016 à 2:00 am Permalien  

    De l’animal au steak, transformation 

    Pour sa série « Meat », réalisée en 2014 au Texas, le photographe Brian Finke a voulu saisir toutes les étapes de la production de la viande, de l’élevage à la table : des fermes traditionnelles, des cow-boys marquant les bêtes dans les prairies, les meilleurs barbecues du Texas, l’abattage à grande échelle… Il a également assisté à un abattage artisanal, pratiqué de façon très minutieuse, à l’aide d’outils précis, à Amarillo, près de chez lui. Un travail, dont, en tant que mangeur de viande, il estime important d’avoir été le témoin.

     
  • admin9596 le August 11, 2016 à 7:05 am Permalien  

    La grande bouffe, de la Renaissance à Instagram 

    Cinq fruits et légumes par jour, déjà, dans la peinture flamande du XVIIe siècle. (Osias Beert, au Musée des beaux-arts de Grenoble.)

    Cet été, tout comme il y a un an, les réseaux sociaux continueront à se remplir de photos de homards grillés et de cupcakes… Certains y verront le signe d’une ultime décadence, d’un Occident gavé qui ne voit pas plus loin que le bout de son assiette. Des chercheurs américains y discernent au contraire le prolongement d’une fascination historique.

    Pour leur étude, « 500 ans de Pornfood », ils ont passé en revue ce qui figure sur la table des grandes peintures, de la Renaissance au XXe siècle. Conclusion : on n’a pas attendu Instagram pour mettre en scène une nourriture outrageusement appétissante ou chargée d’en mettre plein la vue à qui douterait de notre statut social.

    « Ces tableaux nous donnent une idée de ce que les foodies auraient posté sur Snapchat pendant la Renaissance. » Andrew Weislogel, curateur du Johnson Museum of Art de l’université Cornell

    « Ces tableaux nous donnent une idée de ce que les foodies auraient posté sur Snapchat pendant la Renaissance », nous explique Andrew Weislogel, curateur du Johnson Museum of Art de l’université Cornell (Etat de New York).

    Pour conduire leur recherche, Brian Wansink, Andrew Weislogel et Anupama Mukund ont feuilleté des livres d’art américains et européens puis ils ont sélectionné 750 tableaux de cinq pays représentant des repas. Ils ont éliminé les trop gros banquets où les plats semblaient difficiles à identifier. Sur les 140 peintures restantes, ils ont compté tout ce qui se mangeait.

    Toutes sortes de stimuli

    De quoi remettre à leur place ceux qui sont convaincus que les anciens mangeaient plus équilibré. Seuls 19 % des tableaux montrent des légumes (15 % en France) alors que 54 % comportent du pain et des pâtisseries. « Depuis toujours, les peintres mettent en scène les aliments contre lesquels les régimes nous mettent en garde : du sel, de la charcuterie, du pain… », constate Brian Wansink, le responsable de l’étude.

    Hier comme aujourd’hui, les aliments les plus représentés ne sont pas ceux que nous consommons le plus couramment.

    Ce scientifique s’est bâti une solide réputation en recherche nutritionnelle grâce à une batterie d’expériences prouvant qu’on ne s’alimente pas pour se nourrir mais en réponse à toutes sortes de stimuli.

    C’est déjà lui qui, dans son laboratoire, a mis à table des mangeurs devant des bols sans fond pour mesurer à partir de quand les sujets cessaient de manger ; ou qui a conduit une étude constatant une augmentation de 65 % de la taille des assiettes dans les représentations, au cours du dernier millénaire, de l’ultime repas du Christ.

    Afficher son statut social

    Leur analyse quantitative montre que la nourriture représentée sur ces 500 ans de tableaux ne reflète pas plus la réalité de l’alimentation de l’époque que les assiettes « instagramées » d’aujourd’hui.

    A regarder ces peintures, on pourrait croire que l’artichaut était le légume le plus couramment répandu. « J’imagine que, pour un peintre, l’artichaut présente un grand intérêt visuel. Avec ses pétales, qu’il soit fermé ou ouvert, il est sûrement plus intéressant à peindre qu’un concombre », remarque Andrew Weislogel. Une réflexion qui peut aussi bien expliquer le succès du chou romanesco sur Instagram.

    « Il y a 350 ans, les mêmes forces influençaient ce que l’on représentait dans les peintures. » Andrew Weislogel, université Cornell

    Ce qu’on mangeait le plus fréquemment autrefois – poulet, œufs, cucurbitacées – est le moins représenté. Dans la peinture hollandaise du XVIIIe siècle, les citrons, très présents, tiennent une plus grande place que les légumes ordinaires de l’époque.

    « Ils donnaient de l’allure. Produits exotiques, ils symbolisaient la nouvelle force hollandaise dans le commerce. C’était presque une déclaration nationaliste… Ils ajoutaient aussi en sensualité avec le goût et l’odeur du citron… », poursuit le chercheur.

    On trouve des fruits de mer – particulièrement du homard – dans 22 % des tableaux – et notamment dans la peinture allemande – alors qu’ils étaient inaccessibles pour l’essentiel de la population. Un peu, finalement, comme les assiettes d’Alain Ducasse, plus présentes sur les réseaux sociaux que dans nos menus.

    Montrer sa nourriture était déjà une façon d’afficher son statut social. Andrew Weislogel refuse de s’en étonner : « Il y a 350 ans, les mêmes forces influençaient ce que l’on représentait dans les peintures… Notre société n’est pas plus extrême. »

    « Food Art Does Not Reflect Reality : A Quantitative Content Analysis of Meals in Popular Paintings. »

    Lire aussi : A la Renaissance, le repas est un spectacle

     
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