Actualisations de septembre, 2016 Afficher/masquer les discussions | Raccourcis clavier

  • admin9596 le September 29, 2016 à 1:44 pm Permalien  

    Des caméras de surveillance en quête de suspects 

    Des caméras urbaines intelligentes, en quête permanente de comportements jugés déviants. Non, le roman d’anticipation 1984 ne s’est pas encore réalisé, « la police de la pensée » imaginée par George Orwell ne restreint pas nos libertés afin de protéger« le parti unique ». Mais le nouveau système de vidéosurveillance analytique, déjà implanté dans plusieurs villes des Etats-Unis et des Pays-Bas, pourrait bien avoir été inventé par l’écrivain britannique.

    « Saurez-vous repérer le comportement déviant sur ces clichés ? », interroge l’artiste néerlandaise Esther Hovers. Ici, « Overview L, Timeframe : 06 min 09 ».

    Qu’est-ce qu’un comportement déviant ? A partir de quel moment est-on détecté comme une personne potentiellement dangereuse ? Est-ce bien le rôle d’une caméra d’en juger ? Dans quelle mesure la surveillance de masse est-elle un outil sécuritaire efficace ? Autant d’interrogations à l’origine de « False Positives », série de photos édifiante réalisée par une jeune Néerlandaise, Esther Hovers. Pendant cinq mois, la photographe a erré dans le centre-ville économique de Bruxelles à l’affût des situations « code rouge » identifiées par le logiciel de surveillance intelligente. Il en existe huit définies par les experts en sécurité. Si personne ne conteste le fait qu’abandonner un colis ou un bagage soit suspect, la notion de risque que présentent des actions comme se mettre à courir, attendre longtemps au même endroit ou encore regarder plusieurs fois derrière soi paraît en revanche moins évidente.

    « Overview C, Timeframe : 04 min 26 » et « Overview F, Timeframe : 05 min 07 ».

    Dans « False Positives », chacune des photos illustre une des situations supposées à risques. Dans un effet de plongée, l’œil de la photographe se substitue au point de vue d’une caméra de surveillance. « La plupart des clichés ont été pris sur le vif après de longues heures à observer la rue depuis un endroit surélevé, un escalier ou un échafaudage. Mais certains ont été mis en scène avec des piétons qui ont accepté de jouer le jeu », précise Esther Hovers.

    « Saurez-vousrepérer le comportement déviant sur ces clichés ? » interroge-t-elle en préambule de son travail. Pas toujours simple en effet. Un joggeur stationne en bas d’un escalier. Un homme marche à contresens des autres piétons sur un trottoir étroit. Un groupe d’hommes se disperse à l’entrée d’un immeuble de bureaux. Rien d’inquiétant a priori. Pourtant, toutes ces situations auront immanquablement été repérées par les caméras intelligentes et soumises à l’analyse de la police de Boston, Chicago, Washington DC, Atlanta ou encore Tilbourg et Eindhoven aux Pays-Bas. La liste des villes qui ont adopté ce nouveau système conçu par deux sociétés privées américaines s’allonge depuis deux ans, même si, à ce jour, aucune étude n’a encore prouvé son efficacité.

    Les experts en sécurité ont identifié huit situations potentiellement dangereuses. En parallèle de ses photos, Esther Hovers a reproduit ces « anomalies » en dessins.  De haut en bas et de g. à dr. : Anomaly #2 : Fast Movements ; Anomaly #5 : Clusters Breaking Apart ; Anomaly #6 : Synchronized Movements ; Anomaly #4 : Placement on a Corner.

    De manière générale, si la vidéosurveillance permet de résoudre des enquêtes, sa capacité à empêcher les infractions ou les crimes de se produire paraît limitée. « Pour la simple et bonne raison qu’un comportement suspect n’aboutit pas forcément à un acte illégal et que tout acte illégal ne débute pas systématiquement par un comportement suspect », souligne la photographe, dubitative sur cet outil de traque robotisé. C’est en tout cas pour questionner la place de l’intelligence artificielle dans la prévention et souligner le risque de bavures policières que l’artiste néerlandaise a entrepris ce travail.

    « False Positives », d’Esther Hovers. Exposition « Watched ! Surveillance Art & Photography » à la C/O Berlin Foundation, Amerika Haus, Hardenbergstraße 22-24, Berlin. Du 17 février au 14 mai 2017. http://www.co-berlin.org

    Lire aussi : A la SNCF, des logiciels pour détecter les « comportements suspects » par vidéosurveillance

     
  • admin9596 le September 28, 2016 à 9:00 am Permalien  

    La Femme, une bande à part 

    Dans « Mystère », son deuxième album, le groupe français livre un savoureux cocktail de pop yéyé, rock, cold wave ou folk médiéval.

    La Femme, c’est une fille et cinq garçons : de gauche à droite, Noé Delmas, Sam Lefèvre, Sacha Got, Clémence Quélennec, Lucas Nunez Ritter et Marlon Magnée.

    Le mois de septembre va commencer,/Un peu de spleen c’est la fin de l’été/Mais pourquoi mon ventre se serre à la rentrée… » Les souvenirs encore frais des angoisses scolaires ont inspiré à Marlon Magnée (25 ans) et Sacha Got (24 ans) cette ritournelle (Septembre) à l’attachante candeur juvénile. Loin des bancs du lycée et de la fac, les deux têtes pensantes de La Femme pouvaient à nouveau sentir, vendredi 2 septembre, les picotements du trac post-estival. En ce lendemain de rentrée des classes, le sextet pop basco-parisien passait en effet le périlleux examen du deuxième album. Les gorges ne semblaient pourtant guère nouées lors de la fête qui, le soir même, célébrait l’événement, dans une rue du 9e arrondissement de Paris. Dans le labyrinthe de trois étages d’anciens locaux de la Sacem voués à la démolition, un essaim de jolies filles, de garçons excentriques, de professionnels avertis et d’artistes stylés (Thomas Bangalter de Daft Punk, Philippe Katerine, Olivia Merilahti de The Dø…) trinquaient à la santé de La Femme et de Mystère, son deuxième album.

    Dans la foulée de récents festivals d’été (la Route du rock, Beauregard, Rock en Seine…) et en amont d’une tournée internationale, Marlon (chant et clavier), Sacha (chant et guitare), Clémence Quélennec (chant et clavier), Sam Lefèvre (basse), Lucas Nunez Ritter (percussions) et Noé Delmas (batterie) peuvent être fiers de leur nouvelle copie. Après avoir survécu au buzz d’un repérage précoce grâce à un premier album, Psycho Tropical Berlin (2013), la petite bande a su préserver la fraîcheur de ses fondamentaux, tout en enrichissant sa palette. On retrouve ainsi dans Mystère une signature sonore reconnaissable entre toutes. Une identité bricolée au croisement de l’excitation rock’n’roll primitive et de l’électro-pop naïve, portée par des chants détachés à dominante féminine jouant du surréalisme comme du plus désarmant premier degré.

    « Le surf te permet de fusionner avec les éléments, le skate de traîner en bande. On pouvait marauder toute la nuit avec nos planches et nos bombes de graff. »Sacha Got, chant et guitare

    Vie amoureuse, flash érotique, ironie cruelle, réflexion existentielle et idées noires filent dans les rouleaux de vagues hédonistes ou s’alanguissent sur des mélodies capables de côtoyer aujourd’hui folk médiéval (Le vide est ton nouveau prénom) ou mélopée orientale (Al Warda, chanté en arabe). La complicité et les caractères contrastés de Marlon et Sacha continuent de fairebattre le cœur de La Femme. Diablotin électrique aux cheveux et sourcils décolorés entre orangé et platine, le premier semble l’opposé du second, brun au flegme un peu lunaire. « Ils ont rarement les mêmes goûts, peuvent se disputer jusqu’à se balancer des trucs sur la gueule, mais finissent toujours par se retrouver sur la musique et les chansons », raconte un proche.

    Est-ce parce que les deux fondateurs du groupe, Marlon et Sacha (au centre), sont originaires du Pays basque, que le groupe surfe avec aisance sur différents styles musicaux ?

    Le substrat du groupe porte la trace de leurs racines basques. Née au lycée, à Biarritz, leur amitié s’est nourrie d’insouciance balnéaire et de quête d’adrénaline. Musique et sports de glisse font alors bon ménage. « Des moments synonymes de sensations fortes et de liberté », se souvient Sacha Got. « Le surf te permet de fusionner avec les éléments, le skate de traîner en bande. On pouvait marauder toute la nuit avec nos planches et nos bombes de graff. »« Un jour, un de nos copains a mis toutes ses fringues à la laverie, en gardant juste chaussettes et chaussures pour continuer de faire du skate, à poil, jusqu’à ce que ses affaires soient propres », raconte Marlon. Cette insolence digne des Kids du cinéaste Larry Clark perdure dans un répertoire que les deux garçons ont façonné une fois installés à Paris.

    Avant le bac, c’est d’abord Marlon qui suit sa mère dans la capitale et se frotte à la scène rock locale au sein du groupe « twist-punk » SOS Mademoiselle. Après à peine deux mois de fac, son ami guitariste le rejoint pour se consacrer entièrement à leur destin musical. Paris a encouragé les croisements et les rencontres.

    « Ils n’arrêtaient pas de manger des bonbons et de fumer des pétards. Je me disais : “Ils jouent mal, ne sentent pas très bon, mais qu’est-ce que c’est bien !” Ils débordaient d’envie de vivre. » Samy Osta, producteur

    Dans son grand shaker, La Femme a secoué à l’instinct sa passion de la surf music, des yéyé underground, des voix féminines des années 1960, de la cold wave française, du hip-hop, du psychédélisme ou du punk. Dosé sans calcul, le cocktail s’est révélé goûteux. A une époque où la tendance pop hexagonale était à l’anglophonie généralisée, leur façon de chanter en français leurs délires et leur quotidien – « plus on parle simplement, plus on est juste », souligne Marlon – ouvrait d’autres perspectives.

    L’expérimenté réalisateur artistique de leur premier album, Samy Osta, se souvient de sa rencontre avec le binôme, alors à peine majeur. « Ils n’arrêtaient pas de manger des bonbons et de fumer des pétards, raconte-t-il en riant. Je me disais : “Ils jouent mal, ne sentent pas très bon, mais qu’est-ce que c’est bien !” Ils débordaient d’envie de vivre. »

    A force d’enregistrements, de tournées et d’expériences internationales (sorties et concerts dans une vingtaine de pays), La Femme a gommé ses excès bordéliques sans perdre sa spontanéité ni ses désirs d’autonomie. Approché par quelques producteurs prestigieux (dont Julian Casablancas des Strokes), le groupe a réalisé lui-même, dans un vieux manoir, ce nouvel album palpitant de trouvailles. Comme pour mettre en pratique cet extrait de Septembre : « D’autres routes s’offrent à toi, tu n’as plus qu’à les imaginer/Allez réveille-toi ! Montre-leur que personne ne choisira pour toi la place que tu occuperas dans cette société. »

    Lire aussi :La Femme surfe sur les planches de Bourges

    Mystère, de La Femme, 1 CD Barclay.

    Concerts : Le 17 septembre, au festival, Lévitation, à Angers ; le 30, à Rouen ; le 1er octobre, au festival Détonation, à Besançon ; le 7, à Joué-lès-Tours ; le 12, au Nancy Jazz Pulsations ; le 24 novembre, à Grenoble ; le 25, à Montpellier ; le 26, à Toulon ; le 27, à Marseille ; le 1er décembre, au Havre ; le 9 à Lyon ; le 15, à Lille ; le 19 janvier 2017, à Talence ; le 20, à Clermont-Ferrand ; le 26, à La Rochelle ; le 27, au Zénith Paris.

     
  • admin9596 le September 27, 2016 à 2:06 pm Permalien  

    L’OM, club de la presse 

    Le Monde | 20.09.2016 à 12h49 |Par Laurent Telo

    A l’image de Jacques-Henri Eyraud, fraîchement nommé par le repreneur américain, l’ultramédiatisé club phocéen a été plusieurs fois dirigé par des personnalités issues des médias.

    1965-1972. Marcel Leclerc, l’OM de retour aux affaires

    Marcel Leclerc.

    Le propriétaire des revuesTélé Magazine et But ! reprend un club financièrement exsangue qui évolue alors en deuxième division. Leclerc remplit les caisses et l’armoire à trophées : en 1972, l’OM réalise notamment le premier doublé Coupe-championnat de son histoire. Mais quelques jours plus tard, accusé d’avoir détourné l’argent du club au profit de ses titres de presse, il est contraint à la démission.

    1994-1995. Pierre Cangioni, bref regard en coulisse

    Pierre Gangioni dans l'emission « Tele foot ».

    Le créateur et présentateur de « Téléfoot », corso-marseillais de sang et de cœur, fait une brève apparition à la tête de l’OM après le règne trouble de Bernard Tapie. Au bout de quelques semaines d’exercice, Cangioni confiera : « Là, j’ai fait connaissance avec les coulisses politico-financières d’un club de foot de haut niveau. J’ai laissé tomber car ce n’était vraiment pas ma tasse de thé. »

    2002-2005. Christophe Bouchet, faute grave

    Christophe Bouchet.

    A 40 ans, journaliste économique au Nouvel Observateur après une carrière à l’AFP, il est choisi par Robert Louis-Dreyfus pour diriger la maison phocéenne et tenter de la stabiliser après plusieurs saisons chaotiques. En 2004, Marseille se qualifie pour la finale de la Coupe de l’UEFA mais les supporteurs ne pardonnent pas à Bouchet la vente de l’attaquant prodige Didier Drogba à Chelsea.

    2005-2009. Pape Diouf, l’irrésistible ascension

    Pape Diouf en 2006.

    Ancien employé aux PTT de Marseille, Mababa « Pape » Diouf devient journaliste sportif à La Marseillaise chargé de couvrir l’actualité de l’OM. Il sera ensuite agent de joueurs, manager sportif du club sous l’ère Bouchet et, enfin, président selon le souhait de Robert Louis-Dreyfus. Avant d’être éjecté par Vincent Labrune qui le remplace par Jean-Claude Dassier (2009-2011), un autre journaliste.

    2016. Jacques-Henri Eyraud, la nouvelle ère

    Jacques-Henri Eyraud.

    Le PDG de Turf Editions (Paris-Turf, Tiercé Magazine) est aussi professeur à Sciences Po Paris et a travaillé dans la communication au sein du Club Med et d’Euro Disney. Le prochain président de l’Olympique de Marseille a été nommé par le milliardaire américain Frank McCourt, auquel Margarita Louis-Dreyfus vient de vendre le club. Eyraud prendra ses fonctions d’ici la fin de l’année avec la finalisation de la transaction.

    Lire aussi : Qui est Frank McCourt, le repreneur américain de l’OM ?

    • Laurent Telo

      Journaliste au Monde
     
  • admin9596 le September 23, 2016 à 7:54 am Permalien  

    Nathan Law, des « parapluies » au Parlement de Hongkong 

    A seulement 23 ans, l’un des leaders du mouvement hongkongais, a été élu, le 4 septembre, au Parlement de Hongkong. Une reconnaissance par les urnes de son courant indépendantiste, surgi en 2014.

    Nathan Law a été élu député, le 4 septembre à Hongkong

    Militant made in China

    Nathan Law est né en Chine continentale, à Shenzhen. En 1999, ses parents – une mère chinoise et un père hongkongais – déménagent dans l’ancienne colonie britannique, pour y chercher du travail. Nathan Law a alors 6 ans. Ce n’est que bien des années plus tard, lors de sa formation universitaire, qu’il se lance dans le militantisme.

    Porte-« parapluies »

    Il est l’un des cinq leaders étudiants du « mouvement des parapluies » qui, durant soixante-dix-neuf jours, en 2014, manifesta dans les rues de Hongkong contre le pouvoir pékinois et pour davantage de démocratie. Law vient d’être jugé, en août, pour « rassemblement illégal ». Il a échappé de peu à la prison, ce qui lui a permis de se présenter aux élections législatives du 4 septembre.

    Résistant pacifiste

    Les modèles de Law sont deux adeptes de la non-violence : Martin Luther King et Liu Xiaobo, Prix Nobel de la paix 2010 toujours emprisonné. En avril, il a fondé, avec Joshua Wong, l’autre leader charismatique des « parapluies », le parti Demosisto, néologisme contractant « démocratie » et « résistance », qui prône une rupture radicale avec Pékin et le droit à l’autodétermination.

    Député sous pression

    Malgré l’organisation d’élections qui, selon Law, n’ont « rien d’équitable ni d’ouvert », il fait désormais partie des 70 députés du LegCo, le Parlement de Hongkong. Pour tenter de gérer la pression qu’il subit depuis deux ans, et qui ne devrait pas faiblir maintenant qu’il est devenu un opposant politique officiel du régime, il pratique l’escrime et les sports électroniques.

    Discours de Nathan Law, en juillet 2016 (en anglais)

    Lire aussi : La jeunesse radicale entre au Parlement de Hongkong

     
  • admin9596 le September 22, 2016 à 7:19 am Permalien  

    Les Sioux en guerre contre un pipeline 

    Contre l’avis d’un juge, le gouvernement américain a demandé, vendredi, le gel de la construction d’un oléoduc, dont le tracé est dénoncé par les Sioux dans le Dakota du Nord.

    Une fillette de 8 ans, issue du peuple Lakota, le 24 août, devant le tribunal de Washington.

    Certains ont le visage peint, casquette vissée sur la tête et téléphone portable en main. D’autres, hommes ou femmes, chevauchent à cru des montures au son de chants traditionnels, de longues tresses leur battant le dos. Des tipis ont été montés pour accueillir des centaines de personnes et les drapeaux des tribus indiennes rassemblées sur la plaine flottent au vent. Des policiers américains en uniforme observent la scène, quand ils ne procèdent pas à des interpellations.

    Malgré les apparences, cette prairie du Dakota du Nord n’est pas le décor d’un western inédit. La mobilisation lancée il y a plusieurs mois par les Sioux de la réserve indienne voisine vise l’arrêt de la construction d’un oléoduc qui empiète, selon eux, sur des terres sacrées où sont enterrés leurs ancêtres, et menace l’approvisionnement en eau de leur territoire. Ils craignent notamment qu’une rupture des canalisations ne vienne polluer la rivière Missouri qui, rappellent-ils, les alimente en eau potable et irrigue non seulement des terres indiennes, mais aussi des milliers de fermes et de ranchs.

    Long de 1 800 kilomètres, le pipeline, qui coûtera 3,7 milliards de dollars, est prévu pour entrer en service à la fin de l’année, et doit acheminer le pétrole jusqu’en Illinois.

    Lire aussi : Dans le Dakota du Nord, les Sioux et autres tribus amérindiennes s’unissent contre un oléoduc

    Un tour politique

    Face aux manifestations, les travaux ont été suspendus sur le tronçon contesté par les Sioux, qui ont saisi la justice pour demander l’arrêt de la construction. L’entreprise texane qui développe le projet assure avoir obtenu les autorisations nécessaires. Selon elle, ses canalisations enterrées sont bien plus sûres que le train ou le camion pour le transport du pétrole. Vendredi 9 septembre, tout en rappelant qu’il était « conscient des avanies subies par cette tribu depuis des siècles », un juge fédéral a estimé que les permis étaient valides et autorisé la poursuite du chantier.

    Mais l’affaire a pris un tour politique avec l’intervention du gouvernement : peu après cette annonce, les ministères de la justice et de l’intérieur ont en effet demandé le gel des travaux dans un rayon de 32 km autour de la zone défendue par les Amérindiens. « Cette affaire a mis en lumière le besoin de discussions sérieuses (…) sur ce type de projets », indique notamment le communiqué. La justice devrait donc se pencher à nouveau sur le dossier dans les prochaines semaines.

    « [Les Amérindiens] ont toujours payé le prix de la prospérité américaine »

    David Archambault II, président de la tribu sioux des Standing Rock

    Mais ces tensions ont aussi ravivé de vieux antagonismes. Dans une tribune publiée par le New York Times le 24 août, David Archambault II, président de la tribu sioux des Standing Rock, rappelle que les Amérindiens « ont toujours payé le prix de la prospérité américaine » : « Les Sioux ont signé des traités en 1851 et en 1868. Le gouvernement les a dénoncés avant même que l’encre ne soit sèche. » En 1958, rappelle-t-il encore, le barrage sur le Missouri décidé par les autorités a pris « nos forêts le long de la rivière, nos vergers et nos terres les plus fertiles ».

    Après les protestations qui ont conduit,en novembre 2015, Barack Obama à annuler la construction d’une section de l’oléoduc géant Keystone, qui devait relier le Canada au golfe du Mexique, les nombreuses tribus indiennes et les défenseurs de l’environnement, unis dans ce mouvement inédit, espèrent obtenir gain de cause. Certains n’hésitent pas à ériger cette protestation en « tournant » pour la défense des intérêts amérindiens. Non sans grandiloquence, quelques-uns y voient même une réminiscence de la bataille de Little Big Horn qui, en 1876, signa l’une des plus cuisantes défaites de l’armée américaine. Les autorités voulaient alors exploiter les gisements aurifères des Black Hills sur des terres appartenant… aux Sioux.

    L’oléoduc empiètera, selon les Indiens, sur des terres sacrées où sont enterrés leurs ancêtres. Ici, le 18 août 2016, à Cannon Ball.
     
  • admin9596 le September 21, 2016 à 11:11 am Permalien  

    Bryan Cranston, l’acteur invisible 

    Connu pour son rôle d’antihéros dans la série à succès « Breaking Bad », il a fait de son physique passe-partout son meilleur allié. Il en joue dans « Infiltrator », de Brad Furman.

    Bryan Cranston se demande parfois s’il existe une vie après la mort. Une question toujours en suspens, mais dont il possède quelques éléments de réponse. « Vous savez, je connais déjà la première ligne de ma nécrologie. Même vous, vous la connaissez : “La vedette de la série télévisée “Breaking Bad” est morte le…” Ce n’est pas donné à tout le monde. Ma vie est en partie écrite. » Dès la production de la série, et a fortiori après la diffusion de sa cinquième et dernière saison en 2013, s’est posé la question de savoir comment l’acteur américain survivrait au personnage central de « Breaking Bad », Walter White, un professeur de chimie atteint d’un cancer du poumon, qui sombre dans la fabrication de méthamphétamine pour assurer un avenir à sa famille.

    Dans « Infiltrator », Bryan Cranston incarne Bob Mazur, un agent fédéral qui infiltre les cartels de la drogue colombiens et démantèle une filière de blanchiment d’argent. Ici avec Diane Kruger.

    Dans le passé, Cranston a connu une certaine sérénité. Celle d’avoir survécu à tout dans les années 1980 et 1990, aux rôles de troisième zone dans des séries Z, à de multiples apparitions dans des publicités pour des couettes ou des shampoings, où son physique, qualifié de transparent – « négligeable, oubliable, invisible », ajoute l’acteur – faisait merveille.

    Bryan Cranston dans « Infiltrator » avec John Leguizamo.

    Il a désormais une carrière à poursuivre. Il y a quelques mois, il a tenu le rôle de Dalton Trumbo, le scénariste américain placé par le maccarthysme sur liste noire durant les années 1950, dans le film du même nom, signé Jay Roach. Aujourd’hui, il interprète un agent fédéral infiltré au milieu des années 1980 dans les cartels de drogue colombiens dans Infiltrator (en salles depuis le 7 septembre) de Brad Furman.

    « Vous vous souvenez de moi dans “Argo” de Ben Affleck ? Dans “Drive” de Nicolas Winding Refn ? Non. Vous vous souvenez des films, j’en suis certain. »

    « C’est l’un des plus gros coups de filet de l’histoire de la lutte antidrogue aux Etats-Unis. Bob Mazur était parvenu à démanteler un réseau de blanchiment d’argent lié à Pablo Escobar, qui avait conduit à près d’une centaine d’arrestations. Bob Mazur y était parvenu car il avait une qualité que possèdent certains acteurs. Dont je fais partie, à l’évidence : il était insignifiant. Il pouvait passer pour un autre avec une facilité déconcertante », explique l’acteur.

    Il continue : « Moi, c’est très simple, ma spécialité dans la vie et à l’écran, c’est le mec auquel vous ne faites pas attention, un courant d’air, un moins-que-rien, le gars qui fait dire au spectateur qu’il faut bien en croiser un de temps en temps pour qu’un film ou une série télévisée reflète la réalité. Vous vous souvenez de moi dans Argo, de Ben Affleck ? Dans Drive, de Nicolas Winding Refn ? Non. Vous vous souvenez des films, j’en suis certain. Avec un effort, vous parvenez éventuellement à me replacer dans ces films, mais mon visage ne vous vient pas à l’esprit naturellement. »

    Lorsque Bryan Cranston pose cette démonstration, c’est avec fierté. Avec le sentiment du travail accompli, d’exister par cette invisibilité.

    Bryan Cranston doit sa notoriété à la série télé « Breaking Bad » créée par Vince Gilligan, en 2008.

    Walter White : un homme terne, accablé, sans qualités

    Il a cultivé cette insignifiance en regardant son père.Acteur comme lui, mais acteur raté. Après une carrière avortée sur les rings de boxe, Joe Cranston avait tenté sa chance devant la caméra. Il était apparu furtivement dans quelques séries télévisées, dans les années 1950, « Highway Patrol », « Space Patrol », « Badge 714 », de manière encore plus discrète sur le grand écran, figurant dans Le Début de la fin (1957) de Bert I. Gordon, où il est dévoré par une sauterelle géante, ou bien assurait la narration d’Erotica de Russ Meyer, qui suit des femmes sur la plage en train de se déshabiller (1961).

    « Mon père cherchait le succès, ou du moins la garantie de travailler régulièrement. Il n’y est jamais parvenu et en est resté brisé. Quand il obtenait un rôle, il s’écriait : “C’est super !” mais quand il essuyait un refus, il lâchait : “Fait chier !” Très rapidement, il n’a plus dit que ça… »

    Lire la critique d’« Infiltrator » : Un « Breaking Bad » au rabais

    Si Joe Cranston ne pouvait se transformer en modèle de vie pour son fils, il est en revanche devenu un exemple en matière de comédie. C’est avec lui en tête que Bryan Cranston a bâti le personnage de Walter White : un homme terne, accablé, sans qualités. « Je voulais qu’il porte une moustache, car la moustache désigne souvent l’impuissance. Je tenais à ce qu’il porte des vêtements ternes, beiges ou kaki le plus souvent, pour qu’on les confonde avec la couleur du mur. Il y avait enfin sa coupe de cheveux, je voulais qu’on pense à un balai à franges. »

    Helen Mirren et Bryan Cranston dans « Dalton Trumbo », de Jay Roach, en 2015.

    Recréer l’instinct

    Il est toujours apparu à Bryan Cranston que la trajectoire de l’antihéros de « Breaking Bad » restait idéale pour un acteur, un parcours qui le mène du bien vers le mal, où il est conduit à faire fi de toute éthique. A l’écran, ce cheminement l’intéresse tout particulièrement. Et il s’est efforcé de le reproduire pour son personnage dans Infiltrator. « Bob Mazur, l’homme que j’incarne, est une sorte de héros. J’ai passé beaucoup de temps avec lui. Il refuse toujours de se montrer en public ou d’être photographié, vu le nombre de personnes qu’il a fait tomber. La fonction de cet homme était non seulement de jouer la comédie, mais de se comporter en ordure. Bob Mazur devait épouser la mentalité d’un criminel, connaître aussi bien que lui les circuits du blanchiment d’argent. »

    Au début de sa carrière,après avoir quitté New York dans les années 1980 et être retourné à Los Angeles, où il avait obtenu un rôle dans un soap opera, Bryan Cranston se souvient avoir dû gérer les assauts d’une petite amie, dans la lignée de Liaison fatale, le film d’Adrian Lyne avec Michael Douglas. Celle-ci le noyait de messages sur son répondeur et menaçait de le tuer. L’acteur a envisagé de s’en prendre à elle, pour sauver sa peau. Il n’y a pas eu de passage à l’acte. Mais l’intention est restée, avec l’idée de recréer cet instinct dans ses rôles. « Vous pensez que je serais capable de tuer quelqu’un dans Infiltrator ? » De fait, oui.

    « Infiltrator » (2 h 07), de Brad Furman, avec Bryan Cranston, Diane Kruger, John Leguizamo. En salles.

    Lire aussi : Bryan Cranston : « Même les faibles peuvent agir d’une façon surprenante »

     
  • admin9596 le September 19, 2016 à 6:33 pm Permalien  

    La première femme députée aborigène émeut le Parlement australien 

    Dans son discours d’entrée à la Chambre, la travailliste Linda Burney, 59 ans, a rappelé son parcours – semé d’embûches – d’Australienne aborigène.

    Le 31 août, Linda Burney a fait son entrée à la Chambre basse avec une peau de kangourou ornée de son animal protecteur, le cacatoès.

    Une peau de kangourou posée sur les épaules. Linda Burney a choisi un habit peu commun pour ses premiers pas au parlement australien. C’est « un manteau qui raconte mon histoire personnelle », a-t-elle confié à ses collègues députés : il porte le totem de son clan, le varan, ainsi qu’un cacatoès blanc. Cet oiseau « très bruyant », qui ne passe jamais inaperçu, est l’animal protecteur de la nouvelle députée. Cette session du 31 août, au Parlement à Canberra, restera dans les mémoires.

    La travailliste Linda Burney, élue en juillet, est la première femme aborigène à entrer à la Chambre basse australienne. Avant elle, un homme avait ouvert la voie : le conservateur Ken Wyatt en 2010. L’ex-championne olympique Nova Peris, elle, fut la première femme aborigène à entrer au Sénat, en 2013.

    « Je suis née à un moment où le gouvernement australien savait combien de moutons se trouvaient dans le pays, mais pas combien d’Aborigènes. » Linda Burney

    Cette fois, on a vu des élus émus aux larmes, un libéral passer de l’autre côté de la Chambre pour embrasser sa nouvelle collègue ; on a entendu un chant aborigène résonner dans la galerie réservée au public. Après leur première élection, les parlementaires australiens sont invités à partager dans un discours leur histoire, leurs valeurs, leur programme politique. Linda Burney a pris la parole dans la langue traditionnelle de sa tribu, les Wiradjuri, pour raconter son parcours, qui se confond souvent avec l’histoire récente des Aborigènes.

    « Je suis née à un moment où le gouvernement australien savait combien de moutons se trouvaient dans le pays, mais pas combien d’Aborigènes », a-t-elle lâché. Ce n’est qu’à partir de 1967, dix ans après sa naissance, que ces derniers ont été comptabilisés dans le recensement. « Les dix premières années de ma vie, je n’ai pas existé en tant que citoyenne. »

    Extrait du premier discours de Linda Burney devant le parlement australien

    Linda Burney est la fille d’une Blanche et d’un Aborigène. « Je suis née à un moment où le fait qu’une Blanche ait un enfant aborigène était choquant, et d’autant plus si elle n’était pas mariée », a-t-elle déclaré. Adoptée par sa grand-tante, écossaise d’origine, elle a rencontré son père à l’âge de 28 ans et découvert qu’il avait eu dix autres enfants vivant à quarante minutes de chez elle.

    Lire aussi : En Australie, la colère des Aborigènes face au « mépris » de leur culture

    Grandir à l’écart de sa famille aborigène ne l’a pas préservée du racisme. En 2010, elle est retournée dans le village de son enfance pour le 150e anniversaire de son école publique. Ce jour-là, comme un rappel de l’opprobre subi par son peuple, un homme s’est approché d’elle pour lui glisser à l’oreille : « Tu sais, Linda, le jour où tu es née a été l’un des plus sombres que ce village ait connus. » Stupéfaite, la battante au CV impressionnant n’a rien su répondre.

    Œuvrer pour la reconnaissance de son peuple

    Linda Burney aété la première Aborigène diplômée de son université, à Sydney, puis encore la première à entrer au Parlement de Nouvelle-Galles du Sud en 2003. Elle espérait alors faire des émules chez de nombreux Australiens de même ascendance qu’elle, ce qui n’a pas été le cas. Linda Burney a expliqué qu’elle voulait œuvrer pour davantage de justice sociale et d’égalité.

    Les Aborigènes restent très défavorisés en Australie, aussi bien au niveau économique que de l’éducation et de la santé. Leur taux de chômage dépasse 17 %, alors que la moyenne nationale est de 5,5 %. Ils représentent par ailleurs 3 % de la population… mais 27 % de la population carcérale. Parmi les priorités de la nouvelle élue : la reconnaissance des Aborigènes dans la Constitution. Ceux-ci n’apparaissent pas dans le texte qui date de 1901. Un référendum devait être organisé en 2017 pour modifier la Constitution, mais le processus tarde à s’enclencher. C’est à l’aune de cette réforme constitutionnelle que l’on pourra mesurer le succès de son mandat, a estimé la députée.

     
  • admin9596 le September 18, 2016 à 8:32 am Permalien  

    Le grand défilé d’Arnaud Montebourg 

    1995, espoir masculin

    L’ancien ministre du redressement productif jouera-t-il un rôle de premier plan dans la primaire de la gauche ? En tout cas, il aura un beau costume…A 33 ans, le jeune Montebourg n’est déjà pas un avocat comme les autres. Lui ne plaide pas, il joue. Comme au cinéma. Malin dans le choix de ses rôles (il défend notamment Christian Didier, l’assassin de Bousquet), à l’aise avec ses textes (il aremporté le concours d’éloquence du barreau), très expressif (cette mâchoire si serrée…), Montebourg a aussi l’art du costume. Ici, il arbore la mise d’un notable de la IIIe République, du complet austère à la cravate à imprimé Paisley en passant par ces lunettes rondes semblables aux lorgnons que les hommes respectables, mais presbytes, coinçaient sur leur nez au moment de se plonger dans « L’Aurore ». Un César pour Arnaud !

     
  • admin9596 le September 17, 2016 à 2:41 pm Permalien  

    L’incentive adoucit les moeurs 

    Vous saviez que la musique adoucit les moeurs. Mais saviez-vous que l’incentive a le même effet ? Jeudi dernier encore, j’ai eu la chance de participer à un luxueux incentive en Normandie. J’en ai d’autant plus profité que je n’en avais plus fait depuis septembre dernier. Il faut dire que vu les difficultés de notre entreprise à l’heure actuelle, le budget réservé à ces cévénements a disparu aussi vite que Boris Johnson après le Brexit. Si c’est quelque chose que je regrette, je le comprends sans problèmes. Mais je ne peux m’empêcher de le regretter : je me suis en effet souvenu durant ce voyage combien ce genre d’événement avait manqué à mon équipe. S’il y a plein de manières de stimuler un service, les incentives demeurent de mon point de vue la gratification la plus plaisante qu’un patron puisse apporter à ses employés, et le meilleur moyen de les rebooster. Le plus de ces voyages ne réside pas dans le voyage en lui-même : en fait, n’importe quel salarié pourrait découvrir le coin plus agréablement (avec sa famille plutôt qu’avec ses collègues, par exemple). Ce qui en fait l’intérêt réside davantage dans les activités souvent délirantes qui sont proposées et qui laissent un souvenir impérissable : par exemple, je ne pourrai jamais oublier ce banquet médiéval que nous avons fait dans un véritable château. C’était il y a deux ans mais je m’en souviens encore comme si c’était hier (il faut dire que nous étions tous très beaux, dans nos armures, à taper du poing contre les tables de chêne pour réclamer le plat suivant !). Mais par-dessus tout, je dirais que c’est le fait de vivre ces instants insolites en équipe qui apporte un vrai plus à ces événements. Durant un incentive, on recouvre immédiatement le côté humain de l’entreprise qui tend à se perdre dans le cadre du travail : cela aide à développer des rapports bien plus enrichissants qui modifient sensiblement les comportements et la manière de travailler. Par exemple, autrefois, j’ai eu un collègue avec qui j’avais le plus grand mal à travailler ; mais j’ai dû coopérer avec lui pendant un incentive, et cela nous a permis de mettre les choses à plat, de discuter et de mieux nous comprendre. Après ça, nous n’avons plus jamais eu de difficulté à collaborer ensemble. Et quand il est parti vers d’autres horizons, j’ai même failli le suivre ! Les incentives sont donc essentiels à mon sens pour créer du lien en entreprise, et pour participer à la cohésion des salariés. Voilà le site de l’agence qui a monté cet incentive en Normandie, si vous souhaitez voir ce qui est possible dans ce domaine.

     
  • admin9596 le September 16, 2016 à 4:47 am Permalien  

    Roselyne Bachelot et Jean-Louis Debré, des politiques très cathodiques 

    S’ils partagent une même aversion pour Nicolas Sarkozy, les deux ex-ministres ont un autre point commun : leur franc-parler. Un talent qu’ils exercent dans de nouvelles émissions radio et télé.

    Roselyne Bachelot

    Roselyne Bachelot et Jean-Louis Debré.

    Femme libérée. Ministre sous Jacques Chirac, puis sous Nicolas Sarkozy, Roselyne Bachelot a dû tenir sa langue, ­volontiers féroce. Il ne lui a fallu que cinquante jours après la défaite de Nicolas Sarkozy, en 2012, pour exercer son droit d’inventaire, dans A feu et à sang (Flammarion).

    Télé plus que radio. L’ancienne ministre n’a mis que cinq mois pour se faire une place à l’antenne de D8. Elle passe cette année à la radio, sur RMC, où elle reprend la case de l’ex-star du X ­Brigitte Lahaie, à 15 heures, avec son émission « 100 % Bachelot ». Elle œuvre aussi à la matinale de France Musique, où elle décerne ses « coups de cœur ».

    Machine bien rodée. Fille du député gaulliste Jean Narquin, Roselyne Bachelot a d’abord été pharmacienne. Mais elle est ­surtout connue pour soigner ses formules. Naguère, son père expliquait qu’elle était prête à perdre un ami pour un bon mot. Cette verve est aujourd’hui son fonds de commerce.

    Fillonniste de cœur. Bien que retirée de la politique, Roselyne Bachelot, âgée de 69 ans, n’hésite pas à commenter l’actualité de ses anciens ­camarades. Amie de François Fillon, ses flèches les plus acérées sont pour Nicolas Sarkozy.

    Jean-Louis Debré

    Sage encanaillé. Ancien ministre de l’intérieur (1995-1997), ex-président de l’­Assemblée nationale (2002-2007), Jean-Louis Debré a présidé le Conseil constitutionnel, jusqu’en mars 2016. Il s’est vite libéré de son devoir de réserve, en écrivant Ce que je ne pouvais pas dire(Robert Laffont) et en a fait la promo sur les plateaux télé.

    Radio plus que télé. Jean-Louis Debré vient de faire ses débuts de chroniqueur sur Europe 1, dans l’émission « La Cour des grands », présentée par ­Alessandra Sublet. Il est aussi attendu en octobre sur Paris ­Première, où il doit animer une émission culturelle, à la programmation irrégulière.

    Chroniqueur en rodage. Fils de l’ancien premier ministre Michel Debré, la nouvelle recrue d’Europe 1 se faisait corriger ses ­dissertations par André Malraux. D’abord juge d’instruction, puis raillé en imbécile de service du gouvernement, il est plus connu pour son goût des blagues potaches que pour son érudition, pourtant bien réelle.

    Chiraquien devant l’éternel. A 71 ans, il partage avec sa consœur un rejet viscéral de l’ex-patron des Républicains. Sa carrière s’est faite sous le sceau d’une absolue fidélité à Jacques Chirac, qu’il continue de revoir régulièrement.

     
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